Catégories
Traitement

Bilan Neuropschychologique (2/2)

Lors de mon dernier article que vous pourrez trouver ici , je mentionnais que j’allais faire un bilan neuropshychologique afin d’évaluer mes compétences cognitives. Je vous livre maintenant mon retour d’expérience et un résumé des résultats.

Déroulement des séances

Ce test s’est déroulé en deux séances de 2 heures environ. La première partie éxaminait plus particulièrement le QI tandis que la seconde était axée sur l’attention, la mémoire et la concentration.

1er partie : Testons la taille de mon “Kiwi”

Le fonctionnement est relativement “simple”. La thérapeute vous présente différents exercices que vous devez réaliser dans un temps imparti. Cela ressemble a des tests QI que vous avez déjà certainement vu mais avec des questions plus ouvertes pour aller en profondeur. Cette première partie s’est très bien déroulée. Mes résulats sont dans la moyenne. Loin d’être Einstein, je n’avais pas particulièrement de doute sur mes compétences sur cette partie. Toutefois, tant qu’à faire les choses, autant les faire jusqu’au bout.


2ème partie : Attention, mémoire et concentration

Le déroulement était un peu similaire que la première partie mais les excercies étaient un peu plus difficiles. Je devais par exemple mémoriser une série d’élements en peu de temps et être capable de les retranscrire après coup. Au niveau de l’attention, nous avons par exemple vérifié comment je pouvais exécuter deux tâches à la fois (attention partagée). Dans l’ensemble, les résultats étaient dans la moyenne sauf pour un paramètre : la mémoire de travail. En effet, je suis un peu en dessous de la moyenne pour ce point.

Qu’est-ce que la mémoire de travail ?

Voici une bonne définition selon le site www.universalis.fr

“En psychologie, on appelle « mémoire de travail » le système dévolu au maintien temporaire d’information en vue de son traitement immédiat.” Un exemple sera plus parlant. Imaginez que vous êtes au télephone avec un ami. Il vous donne un numéro à appeler mais vous n’avez rien pour noter. Vous lui demandez de répéter, vous raccrochez immédiatement et composez le numéro de mémoire.

J’ai trouvé un super document à ce sujet pour ceux que ça intéresse. A voir ici

Et moi dans tout ça. Qu’est-ce que j’en pense ?

Dans un premier temps, j’étais un peu surpris par les résultats. Je pensais que cet examen allait mettre en lumière beaucoup plus d’éléments cognitifs déficients. Au final, il n’y’ a rien de “grave”. Même si j’espérais quand même avoir des nouveaux éléments sur lesquels travailler, cela reste une très bonne nouvelle car cela me permet :

  • d’évincer cette hypothèse de problème cognitif
  • d’avoir une meilleure confiance en moi (absence de problème)

Néanmoins, je n’oublie pas les deux points évoqués par la thérapeute, à savoir l’amélioration de la mémoire de travail et la réduction de l’anxiété. J’ai mentionné à plusieurs reprises qu’il m’arrive de perdre souvent mes mots, de perdre le fil de mes explications et de parler avec un débit de parole élevé. Anxiété ? Mémoire de travail ?

J’ai l’intime conviction que le bredouillement doit être attaqué de plusieurs axes différents. Bien que nous ayons un trouble précis, je pense que nous sommes avant tout des personnes hyper sensibles et réceptifs à beaucoup d’éléments. Tous le monde passe par des moments de stress lors d’une prise de parole. Certains vont transpirer et d’autres comme nous, allons avoir tendance à bredouiller. Raison pour laquelle je vois aujourd’hui le bredouillement comme un comportement générale plutôt qu’un “simple” trouble de la fluence. Il m’arrive de voir des similitudes dans la manière dont je parle et mes actions, hors communication. Je ferais un article à ce sujet car il y’a beaucoup à dire.

Vous pourrez trouver les résultats de mon test ici pour voir plus de détails.

Avez-vous également fait un test neuropsychologiques ? si oui, quelles sont vos résultats et ressenties ?

Catégories
Traitement

Bilan Neuropschylogique (1/2)

Cette année c’est décidé, je prend la pilule rouge de Morpheus pour aller dans les entrailles de ce bredouillement 🙂

Comme très bien expliqué dans différents articles et livres sur le bredouillement (voir dans les sections “Ressources” ou “Le bredouillement“), le bredouillement n’est pas qu’une affaire de diction. Il y’a d’autres facteurs qui peuvent contribuer à ce “désordre” lyrical.

“De nombreux troubles peuvent être associés, les principaux sont le bégaiement, le retard de parole et de langage, les troubles d’articulation, les troubles attentionnels, les troubles des apprentissages” (Voir article de Mme Véronique Aumont Boucand ici  )

En ce qui me concerne, je constate souvent des difficultés de concentration, d’attention et mémorisation dans plusieurs situations. Je constate également assez régulièrement des soucis lors de l’écriture (fautes fréquentes, oublie ou répétitions de mots et ajout ou inversions de lettres)


Après en avoir discuté avec mon orthophoniste, nous avons jugé pertinent de réalilser un bilan neuropschyologique, afin de voir quelles sont les fonctions qui alimentent mon bredouillement. Je dis ceci de manière naturelle aujourd’hui mais je vous avoue qu’au début, cela faisait un peu bizzare de se dire “je vais aller faire bilan neuropschyologique”. Ne connaissant pas trop le domaine, nous avons vite tendance à croire que ceci est réservé aux personnes folles prévues pour Shutter Island MDR.

En fait, pas du tout, il s’agit seulement de faire un point sur nos fonctions cognitives. A l’issue de ceci, j’aurais une meilleure vision sur mes points forts et points faibles avec des recommandations. C’est donc quelque chose au final de très enrichissant.

Le rendez-vous est prévu fin mars…

Catégories
Traitement

Les premières séances de traitement

Ça y’est ! J’ai enfin commencé le traitement de mon bredouillement il y’a quelques semaines avec une super orthophoniste ! J’ai pris du temps pour faire un retour d’expérience car j’avais besoin de faire le point et prendre de la hauteur.

Je précise que j’ai actuellement qu’une séance par mois, pour l’instant (distance et emploi du temps)

Je vous livre ci-dessous un résumé de mes 4 premières séances.

1ère séance

J’ai commencé par lui expliquer mes motivations pour ce traitement et mon parcours vis à vis de mon bredouillement. Evidemment, ma parole était, à ce moment, relativement fluide et rien ne démontrait des signes de bredouillement. Elle me fit faire différents exercices de lecture, diction…. A l’issue de ce bilan de 2 heures, elle me confia n’avoir rien remarqué de particulier mais que cela ne voulait pas dire qu’il n’y’avait rien. Elle était super motivée à continuer à me revoir pour comprendre mes plaintes et mes motivations. J’ai énormément apprécié cette écoute. Sur le chemin du retour et durant plusieurs jours, j’ai commencé à douter sur l’existence de mon bredouillement. Je rappelle que je n’avais jamais été suivi avant et que je suis arrivé à la conclusion que j’avais ce trouble par moi-même. J’étais en train de me demander si je n’avais pas fait une erreur de diagnostic. Les jours passèrent et je trouvais finalement que ma parole n’était pas si désastreuse que cela. Aurais-je trop exagéré ? J’étais quelque peu perdu même si je gardais à l’esprit que j’étais capable d’avoir une communication très fluide dans certaine situation.

2ème séance

Mon orthophoniste aborda cette séance en me proposant de continuer la thérapie d’une autre manière : “Oubliant cette histoire de bredouillement et focalisons-nous plutôt sur l’amélioration générale de votre communication”. C’était une très bonne idée, d’autant plus que je n’étais plus sûre de rien. Nous avons donc effectué des séries d’exercices et elle me posa quelques questions. Comme pour la première séance, tout se passa relativement bien. Pour notre prochaine séance, j’avais comme mission de m’auto-enregistrer au quotidien afin de mieux comprendre ma communication et de pratiquer du tapping de syllabes.

3ème séance

Après avoir enregistré plusieurs de mes communications à l’aide de mon smartphone, j’avais enfin réussi à capturer un moment de disfluence que je lui décrivais à la première séance. Je pouvais enfin lui montrer de quoi il s’agissait. Nous écoutâmes l’enregistrement ensemble et commençâmes à l’analyser. Nous n’arrivâmes pas clairement à comprendre ce qui se passait dans mon articulation mais elle commença à avoir une meilleure idée de ce que je lui décrivais. Nous continuâmes l’analyse de l’enregistrement d’une dizaine de minutes et relevâmes plusieurs autres disfluences que voici :

  • Répétitions de mots style bégaiement : exemple “Je je t’ai dit…”
  • Changement soudain de sujet, d’idée : exemple “Je vais aller, mon cousin m’a dit”
  • Articulation approximative

Elle me conseilla de continuer mes enregistrements quotidiens et d’essayer de repérer les disfluences par moi-même

4ème séance

Depuis quelques jours, je commençais à avoir plus de disfluences dans ma parole que d’habitude. Je sentais que la période de “contrôle” était terminée.

Mon orthophoniste commença par me dire qu’elle avait demandé l’avis d’une experte du bredouillement sur mon cas en lui envoyant mes enregistrements et les résultats de mon bilan. Cette dernière lui a confirmé que je présentais les symptômes du bredouillement. A la lumière de cette analyse et des derniers enregistrements effectués, nous tombâmes finalement d’accord sur ce diagnostic. Il n’y avait plus de doute. Le vrai travail pouvait enfin commencer !

Je tenais à partager ces premières séances car ce trouble est vraiment très compliqué à cerner. Nous savons que quelque chose déraille à un moment mais nous n’arrivons à bien comprendre quoi et comment. Pour ne pas arranger, cela n’arrive pas tous le temps et pas avec tout le monde. J’ai passé des jours à me demander si je n’exagérais pas mes symptômes. Je suis vraiment content d’avoir trouvé une super orthophoniste qui met énormément du sien pour essayer de m’aider. f